Ma découverte de la semaine : Hermanos Gutiérrez
Ma découverte récente du duo Hermanos Gutiérrez m'a conduit à mener une petite réflexion sur ce qui me plaît dans leur musique et les raisons pour lesquelles la mienne y ressemble un peu.
Les duos de guitaristes
Il y a une quinzaine d'années, je découvrais l'album Declaration of Dependence des Kings of Convenience. J'ai adoré cet album au point qu'il a inspiré mon EP Automne/Hiver 2009-2010, sur lequel je reprenais certaines de mes chansons en formule acoustique à une ou deux guitares.
Les Kings of Convenience sont un des premiers duos de guitaristes qui m'aient passionné ; j'adorais comme les deux guitares et les deux voix se mêlaient à la perfection, ainsi que le côté lumineux des chansons.
Ces dernières années, je suis devenu fan d'autres duos de guitaristes comme les Milk Carton Kids ou les Cactus Blossoms. Deux groupes dont j'ai parlé dans le premier épisode de mon podcast. Tout récemment, dans un autre genre, j'ai beaucoup apprécié le disque L'Heure miroir où Thibault Cauvin et M créent un dialogue entre guitare classique et électrique en reprenant des standards de la chanson et de la pop.
Hermanos Gutiérrez
Et début juillet, à la faveur d'une critique enthousiasmante lue dans Télérama, je me suis penché sur Hermanos Guttiérez et leur nouvel album Sonido Cósmico, produit par Dan Auerbach des Black Keys. J'ai de suite accroché sur ce son et ce style, ambiance 100 % grand sud-ouest américain, cow-boys latinos. Une précision : leur musique est instrumentale.
C'est en me renseignant sur eux que j'ai découvert qu'ils étaient en fait helvético-équatoriens, incarnant ainsi un grand écart entre la vieille Europe et le Nouveau Monde, comme avant eux la population latino-américaine. L'absence de chant rend leur musique encore plus internationale. Et ironiquement, ils ne sont pas très loin de moi, qui habite à moins d'une heure de la Suisse.
Depuis, je découvre peu à peu leur discographie. Les frangins Gutiérrez sont plutôt prolifiques, car il y a quasiment un album par an depuis 2017, et malgré les thèmes et harmonies qui peuvent parfois se ressembler d'un disque à l'autre, je ne me lasse pas de ce voyage, où la mélancolie n'est jamais très loin.
Un exemple avec le titre "Los Chicos Tristes", tiré de leur album précédent El Bueno y El Malo, qui vous fera peut-être penser à certaines de mes chansons.
La musique sud-américaine
Ces dernières années, et une fois de plus avec les Gutierrez, je réalise que la musique sud-américaine résonne très fortement en moi, que ce soit avec le rock façon Calexico, le blues de Stevie Ray Vaughan ou des guitaristes classiques ou traditionnels cubains, argentins, brésiliens... Je me souviens que ma mère m'avait dit que tout petit, j'étais ultra fan de ses disques de flûte indienne : le fameux El Condor Pasa de Los Chacos (un groupe français, viens-je d'apprendre) et Flûte indienne Vol 2 : Los Talchacas (les pochettes ci-dessous sont les vraies des disques que j'ai encore).
Je pense que ces sonorités et ces couleurs m'ont en fait toujours accompagné, et que les résonances bossa-nova présentes dans ma musique depuis longtemps y trouvent aussi leurs racines. Même si ces musiques sont très différentes entre elles, elles gardent en commun deux éléments dont la mienne est imprégnée : la guitare "espagnole" et la mélancolie.
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