samedi 10 novembre 2007

La vue des autres


Aussi loin que je me souvienne, ça m'a toujours fasciné.
Ces fragments de vie qui nous apparaissent à travers des fenêtres éclairées, cette géométrie des existences.
Il y a quelque chose d'assez mélancolique dans la contemplation de ces lucarnes ; l'imagination démarre immédiatement. Je pense aux romans de Jean Echenoz.
Cela relève pour moi de la poésie parisienne (heureusement il en reste). Parce qu'il s'agit d'inconnus. Si je connaissais ces gens, mon imagination serait moins libre, je pourrais moins leur inventer des histoires.

Enfant, je voyais cela dans le générique de l'émission Téléchat. Plus tard, c'est dans les films de Jacques Tati (en particulier Mon Oncle et Playtime) que j'ai retrouvé quelque chose de ce regard :


Copyright © Les Films de Mon Oncle

A l'heure de la télé-réalité, cela pourrait passer pour du voyeurisme. C'est en fait l'inverse, car plus les silhouettes sont furtives, moins on distingue ce qui se passe, plus c'est poétique. Plus ces "cases de lumière" sont nombreuses et distantes, formant une mosaïque de vies miniatures, moins on cherche à voir. Il s'agit simplement d'avoir conscience de ces vies, de nos vies, à la fois semblables et uniques.

dimanche 28 octobre 2007

Gardons le rythme

Bon, c'est pas tout ça.
Quand on dit qu'on ouvre un blog, il faut s'y tenir.
C'est pas les sujets qui manquent avec l'actualité... A ce propos, je passe de temps en temps sur le site d'@rrêts sur images, histoire de rester éveillé devant les écrans.

Sinon, merci pour vos commentaires !

Je me demandais : est-ce un problème pour un musicien d'écouter relativement peu de musique ?

J'ai réalisé cette semaine (enfin je me l'étais déjà dit auparavant) que j'écoute assez peu de musique. Il y a dix ans, je pouvais rester de longues minutes devant mes CD à chercher en vain quoi écouter. Maintenant c'est pareil avec l'iPod. Trop de musique tuerait la musique ? Au fond, c'est plutôt le besoin d'entendre quelque chose de nouveau qui me pousse à écouter de la musique. C'est pour ça que j'écoute bien plus souvent la radio que le contenu de ma discothèque. J'écoute FIP tous les matins, mais il peut se passer plusieurs jours sans que je touche à mon iPod ou à mes CD.
Pourquoi FIP ? D'une part parce que c'est une des rares radios à faire encore de la vraie programmation, variée et pensée : par exemple, ces enchaînements de morceaux qui révèlent comment une chanson en a inspiré une autre ("A Forest" de Cure suivi de "The Sloganeer: Paradise" de Meshell Ndegeocello, ou à l'instant "See Line Woman" de Nina Simone parfaitement enchaîné après "Le Grand Frère" d'Abd Al Malik.) D'autre part, j'apprécie l'absence de publicité à l'antenne...

Tout ça pour faire de la pub à une radio ? Non, mais pour avouer que j'écoute peu de musique de façon volontaire. J'écoute celle qu'on me recommande, surtout.
D'ailleurs on m'avait pas mal recommandé le dernier album de Radiohead. Je l'ai acheté-téléchargé dès sa sortie, car je considère de toute façon ce groupe comme un des plus intéressants de ces dix dernières années. Pourtant j'ai été déçu. Je dois avouer que je ne l'ai écouté que deux fois. Mais il ne m'a pas laissé en mémoire les quelques indices qui vous poussent à revenir. Certaines musiques ne se laissent pas apprivoiser du premier coup - c'est en général celles que je finis par préférer - mais elles intriguent, au moins. Certes, Thom Yorke a ajouté un côté "soul" à son chant, les effets sonores sont aux petits oignons, mais les chansons ne m'ont pas vraiment marqué. J'ai préféré l'album précédent, "Hail to the Thief", plus viscéral, plus varié. Mais je leur fais confiance, le prochain me plaira sûrement plus.

Autre chose qui m'a un peu déçu : la nouvelle version de Mac OS X, Leopard. Graphiquement, on a un peu l'impression d'une régression, et plusieurs nouvelles fonctions annoncées sont assez basiques (même si elles manquaient effectivement). Les applications comme Mail, iCal ou Dock ne présentent quasiment aucune amélioration, c'est dommage (à quand un Mail qui rédige en HTML ?). Enfin, on verra à l'usage. Le passage de Mac OS 9 à Mac OS X m'avait aussi d'abord paru peu encourageant.

Allez, je finis sur une note positive : il faut absolument écouter (ou regarder) le podcast de l'émission "Morning Becomes Eclectic" consacrée à Glen Hansard et Marketa Irglova sur le site de la radio KCRW. Ces deux artistes ont écrit la musique du film irlandais Once qui sort bientôt en France. Ils jouent aussi dedans, du coup. Dans cette émission, ils interprètent des chansons du film : deux voix, une guitare, un piano. Ce podcast, je l'ai écouté plusieurs fois, tiens !

(Vous pouvez aussi écouter quelques titres sur leur page Myspace)

dimanche 21 octobre 2007

Piste 1

Alors voilà.
Je m'y mets aussi. Au blog.
Pourquoi ? Pour ajouter au vacarme blogosphérique ambiant, bien sûr.
Mais le silence, j'aime ça aussi. A tel point que je préfère le garder pour le placer au bon moment dans mes chansons.

A part ça, j'ouvre ce blog pour parler de (ma) musique, bien sûr, mais aussi d'autres sujets aussi divers que - en toute modestie et à mon niveau : la société, l'actualité, la philosophie, les livres, le cinéma, Apple (si, si), que sais-je... C'est sans doute ma fibre journalistique qui ressort.
Si je suis plutôt du genre peu loquace dans la vie, ici, je risque de me faire bavard...

Pour commencer, pourquoi intituler ce blog, "Diabolus in musica" ? Le diabolus in musica, c'est la note qu'on a "interdite" pendant des siècles, la dissonance qui ajoute le mystère, c'est un nombre irrationnel, sans fin, c'est la "blue note" du jazz et du blues... (Sur ce sujet, je conseille aux plus curieux la lecture - parfois ardue - du Diabolus des sages, une dissonance interdite de Dominique Bertrand, éditions Signatura). J'aime beaucoup cette notion, qui traduit l'indicible équilibre qu'on retrouve dans un morceau de musique réussi, entre le connu et l'inattendu, le fait d'être surpris par quelque chose qu'on attend, mais sans en prévoir la forme... et qui s'impose comme une évidence. Pas parce que cette chose (note, accord, changement de rythme...) est unique, absolue ou "vraie", mais parce qu'elle exprime un rapport original à son contexte, en créant un nouvel éclairage. C'est la même chose, et pourtant c'est différent... Mais je disgresse déjà !

Bon. C'est mon pote Aurélien qui m'a reparlé du diabolus, à cause d'une de mes nouvelles chansons qui s'intitule "Nostradamus". Je vous passe les détails, mais par des connexions toutes subjectives entre le diabolus, Jérôme Bosch, les divers programmes avec l'anthropologue Pierre Legendre qui passent en ce moment sur France Culture ou sur Arte, j'ai trouvé que ce titre traduirait bien ce que je tenterai de faire avec ce blog... apporter ma petite dissonance personnelle à la grande cacophonie du web, histoire de donner un éclairage complémentaire à ma musique... et pourquoi pas déclencher des discussions (virtuelles ou réelles !)

Pour finir, une photo prise dans le métro il y a quelques semaines, dont l'ironie colle bien avec celle de "Nostradamus" :


(Note : comme j'ai mis plus de deux heures à rédiger cet article, je ne sais pas à quel rythme ce blog sera mis à jour...)