samedi 10 novembre 2007

La vue des autres


Aussi loin que je me souvienne, ça m'a toujours fasciné.
Ces fragments de vie qui nous apparaissent à travers des fenêtres éclairées, cette géométrie des existences.
Il y a quelque chose d'assez mélancolique dans la contemplation de ces lucarnes ; l'imagination démarre immédiatement. Je pense aux romans de Jean Echenoz.
Cela relève pour moi de la poésie parisienne (heureusement il en reste). Parce qu'il s'agit d'inconnus. Si je connaissais ces gens, mon imagination serait moins libre, je pourrais moins leur inventer des histoires.

Enfant, je voyais cela dans le générique de l'émission Téléchat. Plus tard, c'est dans les films de Jacques Tati (en particulier Mon Oncle et Playtime) que j'ai retrouvé quelque chose de ce regard :


Copyright © Les Films de Mon Oncle

A l'heure de la télé-réalité, cela pourrait passer pour du voyeurisme. C'est en fait l'inverse, car plus les silhouettes sont furtives, moins on distingue ce qui se passe, plus c'est poétique. Plus ces "cases de lumière" sont nombreuses et distantes, formant une mosaïque de vies miniatures, moins on cherche à voir. Il s'agit simplement d'avoir conscience de ces vies, de nos vies, à la fois semblables et uniques.